Méthodologie de choix de polymères biosourcés pour la coagulation-floculation de l’eau et des boues

La coagulation/floculation de la matière est une opération unitaire physico-chimique très utilisée sur l’ensemble des usines de traitement des eaux usées. Des réactifs chimiques, notamment des sels minéraux et des polymères organiques sont utilisés en grande quantité dans les usines d’assainissement pour agglomérer la matière polluante, accélérer sa séparation de l’eau, concentrer les solides et limiter la quantité des polluants rejetés en milieu naturel ou en tête de station [HYRYCZ et al., 2022]. Par exemple, à l’échelle de l’agglomération parisienne, plus de 61 000 tonnes de coagulant et 1 000 tonnes de floculants sont utilisées par an [LOUKILI et al., 2024]. Les réactifs chimiques traditionnellement utilisés dans les filières ne sont pas issus de ressources renouvelables (sels métalliques ou polymères synthétiques à base de polyacrylamide (PAM) issus de l’industrie pétrochimique) et ont un impact non négligeable sur le bilan environnemental des usines de dépollution (production de boues, impact sur la qualité des rejets). La loi de transition énergétique de 2015 incite les gestionnaires d’assainissement à fortement diminuer leur empreinte environnementale, notamment par la réduction ou la substitution des réactifs actuels par des réactifs écoresponsables et/ou biodégradables [OLIVEIRA, 2018].

Il existe une très grande diversité de matériaux biosourcés (extraits de différents végétaux, ou différentes parties du végétal ou produits par des micro-organismes) et seuls un petit nombre possède les propriétés adéquates pour être utilisés en séparation dans le domaine du traitement de l’eau [SALEEM et BACHMANN, 2019 ; JONES, 2019]. Les produits biosourcés ne sont pas toujours disponibles commercialement en grande quantité et de qualité constante et sont pour certains plus coûteux à produire/récolter. La nature biosourcée des nouveaux additifs peut induire une certaine variabilité sur les caractéristiques du matériau et en conséquence induire une variabilité des performances de traitement. La formation des flocs a dans la bibliographie principalement été étudiée à l’échelle du laboratoire avec des ressources locales et des questionnements subsistent sur leur utilisation à une échelle pilote ou industrielle, de même que leur pertinence vis-à-vis des impacts environnementaux. La question se pose également sur les modalités de conservations des produits biosourcés sur le long terme. Les stations de traitement des eaux sont généralement réticentes à utiliser de nouveaux produits dans leurs filières et l’utilisation de réactifs biosourcés reste encore aujourd’hui très marginale et limitée à certaines applications comme dans l’eau potable pour remplacer les sels métalliques à base de fer ou d’aluminium ou les filières « bio » pour lesquelles l’utilisation des réactifs à base de polyacrylamide est interdite par la législation [BAUDIN et al., 2014].

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