Détection des microplastiques dans les systèmes à fibres creuses par fluorescence et fluorimétrie in situ

La pollution par les microplastiques (MP) représente aujourd’hui une problématique environnementale et technologique majeure. Ces particules, issues de la dégradation de matériaux polymériques ou d’émissions industrielles directes, sont désormais détectées dans tous les compartiments aquatiques – eaux de surface, effluents, sédiments et réseaux de traitement [ANDRADY, 2011]. Leur taille réduite (< 5 mm, souvent < 100 μm) favorise leur dispersion et leur interaction avec les milieux biologiques et les procédés de traitement des eaux. Au sein des procédés membranaires, les microplastiques peuvent s’accumuler à la surface ou dans la structure poreuse des membranes, induisant des phénomènes de colmatage, [SUARD et al., 2020] de rétention sélective ou de relargage secondaire. La compréhension de ces interactions est donc essentielle pour la conception de systèmes de filtration plus robustes, efficaces et durables [BARBIER et al., 2022].

Les méthodes analytiques actuellement utilisées pour identifier les microplastiques reposent principalement sur la spectroscopie infrarouge (FTIR) et la spectroscopie Raman [COLE, 2016], offrant une haute précision chimique, mais au prix de protocoles longs et complexes incluant une filtration préalable, des screenings et des comptages manuels. Ces limitations ont conduit à développer des approches optiques plus rapides, notamment celles basées sur la fluorescence du Nile Red (NR) [NALBONE et al., 2021 ; MEYERS et al., 2024], un colorant lipophile présentant une forte affinité pour les surfaces hydrophobes des polymères. Le Nile Red permet une détection visuelle rapide sous lumière bleue ou UV, rendant possible la localisation directe des particules plastiques [SHIM et al., 2016 ; PRATA et al., 2023], dans des matrices aqueuses. Cependant, les protocoles de coloration classiques utilisant le Nile Red en phase aqueuse présentent plusieurs contraintes comme un marquage hétérogène lié à la faible solubilité du colorant, des interférences avec la matière organique dissoute produisant des signaux fluorescents parasites, et une reproductibilité limitée selon la nature du polymère ou la salinité du milieu. Pour pallier ces limitations, une version hydrophobe du protocole a récemment été développée : le Nile Red dissous dans le n-heptane (NR-H). Ce solvant apolaire améliore la sélectivité du marquage en favorisant l’adsorption du colorant sur les microplastiques et en réduisant les interactions avec la phase aqueuse [MEYERS et al., 2024]. Dans le contexte de cette étude, le NR-H est utilisé pour préparer des suspensions modèles fluorescentes de microplastiques calibrés, représentant plusieurs familles de polymères courants : polyéthylène (PE), polystyrène (PS), polycarbonate (PC), polychlorure de vinyle (PVC) et polyalcool vinylique (PVA). Ces suspensions sont élaborées à partir de poudres calibrées fournies par des distributeurs spécialisés permettant de contrôler la taille et la concentration des particules. Elles constituent une base expé rimentale standardisée pour simuler et étudier le comportement des microplastiques dans les systèmes membranaires.

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