L’épaississement et la déshydratation des boues d’épuration produites lors du traitement des eaux résiduaires urbaines induisent des flux d’eau interstitielle (sur – nageants, centrats, filtrats…) qui sont généralement renvoyés en tête des stations d’épuration, comme présenté sur la figure 1. Ces retours en tête, encore appelés flux secondaires, sont potentiellement très concentrés en azote et en phosphore, particulièrement lorsqu’une étape de digestion anaérobie est présente [GOURDET et al., 2017], et peuvent induire des rejets non conformes sur ces paramètres et/ou une augmentation significative des dépenses énergétiques de la file eau de l’installation [CULLEN et al., 2013]. Leur qualité est peu suivie, en dehors de la concentration des matières en suspension qui varie en fonction des performances des dispositifs de déshydratation [FALIPOU et al., 2020]. Or, dans un contexte de transformation des stations d’épuration en stations de récupération des ressources contenues dans les eaux usées, ces flux sont particulièrement intéressants en raison de leurs concentrations relativement élevées en azote et en phosphore [VAN LOOSDRECHT et SALEM, 2006]. Différents procédés ont été proposés dans la littérature pour récupérer les nutriments de ces flux en vue de leur valorisation. Ils sont basés sur des processus physiques, physicochimiques ou bio-électrochimiques [VANEECKHAUTE et al., 2017 ; YE et al., 2018 ; GUILAYN et al., 2020]. Parmi eux, la précipitation de la struvite, le stripping de l’ammoniac, la filtration membranaire à l’aide de fibres creuses ou par osmose inverse et la sorption de l’ammoniac et du phosphate sur résines échangeuses d’ions sont les procédés qui sont les plus étudiés. Leur dimensionnement et leur optimisation dépendent des caractéristiques des retours en tête, et notamment de leur composition ionique, alors que celle-ci est peu renseignée dans la littérature.

L’objectif de cet article est donc de synthétiser les caractéristiques des retours en tête qui peuvent avoir un impact sur le choix et le dimensionnement du procédé requis pour les traiter ou les valoriser. Il repose sur la synthèse d’une revue de la bibliographie dont les données ont été publiées [DEVOS et al., 2023] et mises à disposition via le portail DataGouv4. Ces données ont été complétées par des mesures réalisées sur deux stations d’épuration françaises, afin notamment de préciser la biodégradabilité des retours en tête. L’impact d’un prétraitement par hydrolyse thermique des boues avant digestion sur ces caractéristiques a fait l’objet d’une analyse spécifique également présentée dans cet article.

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