Traitement décentralisé des eaux usées en refuge de montagne : combinaison de filtre vertical, filtres à broyat de bois et toilettes sèches
Inrae UR REVERSAAL

Introduction

Le système d’assainissement implanté dans la plupart des refuges de montagne est constitué d’un bac à graisses, d’une fosse septique puis d’un filtre à sable. Cependant, ces filières mises en place ne sont pas adaptées au contexte montagnard et ne sont plus performantes au bout de quelques années. En effet, les charges polluantes générées par les refuges sont souvent mal évaluées et sous-estimées, le manque de place réduit la taille de l’installation et les volumes et concentrations à traiter présentent une très grande variabilité. D’autre part, les boues de la fosse septique, incluant souvent des lingettes difficilement biodégradables, sont fréquemment vidangées aux abords du refuge. Par conséquent, les effluents mal traités et les boues associées présentent un risque important de pollution, notamment aquatique (azote, phosphore, coliformes…). Des traces d’eutrophisation marquées sont observées dans les lacs glaciaires et rivières qui sont des milieux extrêmement sensibles et sources de biodiversité. La renommée touristique estivale de certains sites est importante et nécessite la protection du milieu et donc la refonte du système d’assainissement.

Dans le cas des refuges d’altitude, la fréquence de passage et le mode de fréquentation (repas et/ou nuitée) sont difficiles à estimer, car le nombre de randonneurs et la quantité de repas préparés quotidiennement sont variables. En outre, la fréquentation de ces sites touristiques a fortement augmenté après la crise du Covid : 35 000 visiteurs par an avant 2020 et jusqu’à 70 000 ces dernières années sur le site étudié dans cet article. Par conséquent, le dimensionnement d’une installation de traitement s’avère complexe à réaliser, car il se base sur la charge polluante à traiter (volumes d’effluents et concentrations en polluants).

De plus, la conception de la filière de traitement de ces refuges doit répondre à de nombreux enjeux et contraintes locales d’un parc naturel en haute montagne. Les contraintes classiques qui s’imposent sont les suivantes : une épaisseur de sol limitée (souvent inférieure à 50 cm), un fonctionnement souvent réduit sur l’année (activité uniquement de mai à septembre) et une nature d’eaux à traiter parfois spécifique, par exemple des eaux ménagères exclusivement. Le fonctionnement est généralement intermittent du fait d’un redémarrage annuel de l’installation à chaque début de saison estivale en mai ou juin. L’intégration paysagère du dispositif de traitement est également une considération importante pour ces sites souvent très touristiques. Sa conception doit également limiter l’impact environnemental et les coûts financiers avec un usage réduit de l’héliportage, par exemple en utilisant des matériaux de construction légers. Enfin, l’exploitation du système se doit d’être simple, avec un entretien très limité et, dans la mesure du possible, une absence de consommation électrique (panneaux solaires). Le besoin de formation supplémentaire pour les personnes qui gèrent la filière (les gestionnaires de refuges) doit être réduit.

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