DERU 2 : selon le Siaap, un calendrier tendu et un bénéfice environnemental à questionner
Le Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (Siaap) salue positivement la nouvelle directive européenne sur les eaux résiduaires urbaines (DERU 2), tout en faisant une lecture nuancée de ses bénéfices pour la qualité physico-chimique des rivières franciliennes. Le Siaap, plus gros syndicat d’assainissement à l’échelle européenne, alerte aussi les pouvoirs publics sur l’importance d’établir un ordonnancement et une priorisation des mises en conformité, pour les grosses usines d’épuration urbaines, qui prennent en compte l’état de leur bassin versant et le vieillissement des infrastructures. Entretien avec Vincent Rocher, le directeur délégué à l’innovation, la stratégie et l’environnement du Siaap.
Cette interview fait suite à l’interview de la Direction de l’Eau et de la Biodiversité (DEB) sur la transposition de la DERU 2, parue dans TSM 5-2026.

Revue TSM. Quel regard porte le Siaap sur cette nouvelle réglementation ?
Vincent Rocher : Nous sommes à un moment clé pour le secteur de l’assainissement. Le dernier texte, la directive DERU 1, datait de plus de trente ans. Le nouveau texte de la DERU 2 est un bon texte, très équilibré, qui nous fait basculer dans une nouvelle ère en matière de performance épuratoire : une performance accrue pour les macropolluants (azote et phosphore) et une performance élargie puisqu’on intègre les micropolluants. C’est aussi une nouvelle ère parce que le texte propose une vision plus intégrée de l’assainissement. Il ne parle pas seulement d’impact sur la rivière, mais aussi d’énergie, d’empreinte environnementale et d’empreinte carbone.
Un autre élément très important est ce que la nouvelle directive implique au-delà des acteurs de l’assainis – sement. Beaucoup de ses objectifs ne seront atteints que si des parties prenantes en dehors du secteur y contribuent. La performance de collecte des eaux usées, en particulier, résulte de la capacité à maîtriser les eaux pluviales avant qu’elles ne soient collectées. Autre exemple, la neutralité énergétique : elle présuppose de travailler finement avec les acteurs du territoire (gaziers, réseaux de chaleur…) et elle implique de contractualiser avec des consommateurs d’énergie. Cela ajoutera des contraintes en termes de mise en oeuvre et implique un travail sur le temps long.
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