Quels usagers derrière les consommations d’eau potable du bassin Seine-Normandie ?
Agence Quatrevingtdouze

Dans tout l’article, les termes volumes « consommés », « distribués » ou « fournis » sont utilisés indistinctement pour parler du volume d’eau potable arrivant au compteur de l’usager. Les « prélèvements » correspondent à ce qui est prélevé dans le milieu, c’est-à-dire ces volumes auxquels s’additionnent les pertes liées à l’acheminement et à la production d’eau potable.

En 2023, le comité de bassin Seine-Normandie a transcrit, dans sa stratégie d’adaptation au changement climatique, l’objectif du Plan eau (pour une gestion résiliente et concertée de l’eau) de réduction de 10 % des prélèvements d’eau brute entre 2019 et 2030. La répartition de l’effort entre les différents usagers inclut un objectif de réduction de 14 % des prélèvements pour l’alimentation en eau potable [COMITÉ DE BASSIN SEINE-NORMANDIE, 2023]. En 2023 (dernière année disponible), ils ont déjà diminué de 3,5 %. Le chemin restant ne peut être atteint par la seule réfection des réseaux qui, selon l’objectif de rendement fixé, ne permet d’économiser que quelques pour cent moyennant des travaux coûteux. Il est donc nécessaire d’agir en amont de la distribution (usines de traitement, réduction des pollutions) et en aval, auprès des différents consommateurs d’eau potable afin de combler l’écart. Les actions à mener auprès des ménages, commerces, administrations, industries, dépendent notamment de leur part respective dans le total.

Le poids relatif de chacun des grands types d’usagers d’eau potable est généralement inconnu. Les agences de l’eau connaissent, au travers des redevances, les prélèvements d’eau brute en vue de produire de l’eau potable au niveau de l’exploitant assurant la facturation d’eau potable, comme défini par le Code de l’environnement, sans précision sur la répartition entre les usagers. Les quelques exploitants qui détiennent une classification de leurs clients sont confrontés à des problèmes d’identification : comment distinguer un commerce au rez-de-chaussée d’un immeuble d’habitation lorsque le compteur est collectif ? La multiplicité des opérateurs rendrait laborieuses la comparaison de ces classifications, la vérification de leur fiabilité, et même leur récupération, si la tentative se voulait exhaustive. D’autres bases de données fournissent certaines indications : l’observatoire des services publics de l’eau et de l’assainissement (Sispea) fournit à l’échelle des exploitants la consommation estimée d’eau potable domestique, mais la donnée est lacunaire et sa fiabilité incertaine, puisque cette classification est plutôt rare en interne [DEQUESNE et PORTELA, 2025]. Le registre français des rejets et des transferts de polluants (IREP 2 ) recense les prélèvements industriels sur réseau supérieurs à 50 000 m3/an. Les informations relatives à l’ensemble des petits préleveurs sont donc manquantes. De plus, la base est déclarative et contient de substantielles erreurs de saisie : en 2022, 160 millions de m3 sont répertoriés comme prélevés sur le réseau par Yara au Havre, alors qu’il s’agit vraisemblablement de prélèvements d’eaux dans le canal maritime du port.

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