Du bon usage de la méthode de précipitation contrôlée rapide pour déterminer les seuils de germination du CaCO3 et l’efficacité des inhibiteurs d’entartrage
C.Boudot

Les phénomènes d’entartrage sont extrêmement variés et ont été longtemps abordés de manière empirique, car on ne disposait pas, en laboratoire, de méthodes d’études pertinentes. Ils concernent tous les types de circuits et tous les types d’eaux, naturelles, destinées à la consommation humaine, thermales ou industrielles. Ce n’est que vers 1970 que l’on a commencé à utiliser des méthodes électrochimiques, qui ne furent formalisées qu’en 1985 [LÉDION et al., 1985]. Cependant, ces méthodes, qui furent utiles en leur temps, présentaient l’inconvénient d’être trop violentes par rapport à la réalité (l’interface métal/eau étant portée à un pH trop élevé). Malgré cet inconvénient, les travaux de recherche effectués alors sur les mécanismes d’entartrage ont tous montré le rôle essentiel de la phase de germination du carbonate de calcium. En effet, ce sont les germes de CaCO3 qui vont conduire à l’entartrage. Ils vont soit se former directement sur les surfaces des matériaux, soit être piégés par adsorption sur lesdites surfaces. La croissance de la couche de tartre peut alors se poursuivre par piégeages successifs ou plus rarement par croissance des germes déjà déposés. L’étude sur l’entartrage des matières plastiques [LÉDION et al., 1993] a notamment pu établir que les plus petits germes étaient les plus facilement adsorbables sur les surfaces, et ainsi les plus dangereux en matière d’entartrage. De ce fait, il devenait essentiel de mieux caractériser cette phase de germination qui, même si elle ne conduit pas automatiquement à un entartrage, mais à un embouage, reste tout à fait fondamentale pour initier tous les processus d’entartrage.

C’est pourquoi, afin de caractériser cette germination qui n’est pas décelable par des méthodes classiques, comme la turbidimétrie ou le comptage de particules, voire la chrono-ampérométrie à potentiel imposé, la technique de précipitation contrôlée rapide (« fast controled precipitation » ou FCP) [LÉDION et al., 1997] a été développée. Celle-ci consiste à amorcer la précipitation d’une eau calcifiante par un dégazage progressif, modéré et contrôlé. La germination puis la précipitation sont suivies par des mesures de pH et de conductivité. La validité de cette méthode a pu être vérifiée, ultérieurement, par un suivi de la germination par SAXS (Smallangle X-Ray Scattering, synchrotron Soleil) [CHAO et al., 2014]. La figure 1 montre la bonne concordance qui existe entre la quantité de CaCO3 calculée à partir des données SAXS et la quantité calculée à partir des mesures de résistivité.

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