Développement d’une méthode intégrée pour la maîtrise des risques chimiques dans les usines d’épuration
Laboratoire TIMR

Le service public de l’assainissement francilien (le Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne, Siaap) transporte et dépollue chaque jour près de 2,5 millions de m3 d’eaux usées, générés par près de 9 millions d’usagers franciliens sur un territoire de 1 800 km2. Au travers de ses 440 km d’émissaires, le Siaap transporte les eaux usées domestiques, pluviales et industrielles des communes de Paris, de la petite couronne (Val-de-Marne, Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine) et de plus de 180 communes de la grande couronne (Yvelines, Val-d’Oise, Seine-et-Marne, Essonne) vers l’une de ses six usines de traitement. Parmi elles, située sur deux départements (Yvelines et Val d’Oise) et six communes (Achères, Maisons-Laffitte, Saint-Germain-en-Laye, Conflans-Sainte-Honorine, Herblay-sur-Seine, La Frette-sur-Seine), l’usine Seine Aval du Siaap est la plus grande station d’épuration en Europe avec près de 1 500 000 m3 d’eaux usées traitées quotidiennement. L’usine Seine Aval a été classée Seveso seuil haut en 2010 en raison de la présence de biogaz et de réactifs chimiques en quantité importante. L’utilisation de réactifs chimiques reste essentielle pour traiter les eaux usées, cela afin d’assurer un traitement conforme aux exigences de qualité des eaux rendues au milieu naturel. Par ailleurs, la production de biogaz, par digestion des boues, permet un fonctionnement vertueux des installations en assurant l’apport de plus de la moitié de l’énergie nécessaire au traitement. Cependant, la présence de l’ensemble des produits induit des risques liés notamment à des mélanges incompatibles et susceptibles de générer des effets indésirables4. Si les effets sur l’Homme et les équipements peuvent être graves, voire très graves, les effets indésirables peuvent également se produire sur l’environnement. La directive 91/271/CEE adoptée par l’Union européenne depuis mai 1991, qui sera remplacée par la directive (UE) 2024/3019 à partir du 1er août 2027, définit les règles de collecte, de traitement et le rejet des eaux usées traitées pour assurer la protection de l’environnement. Un accident qui survient dans une station d’épuration peut entraîner des dysfonction – nements, conduire au rejet des eaux non traitées dans le milieu naturel et ainsi porter atteinte à l’environnement. Compte tenu de l’impact potentiel de ces incidents ou accidents, un travail a été initié et s’inscrit dans le cadre des actions entreprises par le Siaap pour la maîtrise des risques sur ses différents sites industriels. L’objectif est de disposer d’un outil permettant de mettre en évidence le danger induit par un mélange de réactifs non compatibles qui peut survenir au cours du stockage, transfert et manipulation des produits chimiques. Il s’agit non seulement de préciser les risques, mais également d’en identifier les moyens de maîtrise associés.

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