Comment réduire la pollution plastique sur le littoral ? Diagnostics et solutions sur la plaine du Roussillon
Le projet REDPLAST66 a quantifié les flux de déchets plastiques transitant par la Têt vers la Méditerranée dans les Pyrénées-Orientales. Alliant science et terrain, il propose des solutions locales de piégeage pour réduire significati – vement la pollution du littoral.

Contexte général
Les déchets plastiques en mer, une nouveauté ?
À l’échelle mondiale, la production des polymères plastiques, légers et résistants, a atteint en 2025 les 436 millions de tonnes, soit quatre fois plus qu’en 1990. Dès les années 1960, des premières publications scientifiques décrivirent la présence de déchets plastiques dans des estomacs de poussins d’albatros morts sur l’île d’Hawaï. Ce type d’observation fut rapidement généralisé à d’autres espèces d’oiseaux de mer, de poissons, de tortues marines et de mammifères marins. Les études de François Galgani (Ifremer) montrent pour la première fois en 1995 la contamination des zones océaniques côtières et profondes sur toutes les façades maritimes françaises [GALGANI et al., 1995a et b]. Tous les com – partiments marins (plage, surface mer, colonne d’eau, fond marin) sont affectés par ces déchets. Si les matériaux plastiques représentaient moins de 50 % des déchets sur les plages françaises dans les années 1980, ils en représentent actuellement plus de 80 %.
Quels impacts pour l’écosystème marin ?
Quatre effets néfastes potentiels de ces déchets plastiques pour l’écosystème marin ont été identifiés : 1) l’accumulation de matériel non dégradable dans les systèmes digestifs, voire l’étouffement par ingestion ; 2) la contamination chimique par le relargage de composés toxiques liés aux produits manufacturés ou adsorbés en surface (biofouling) ; 3) le transport d’organismes épibiontes pouvant traverser des océans, coloniser de nouveaux milieux et perturber les écosystèmes locaux ; 4) la fragmentation en morceaux de plus en plus petits interférant avec les micro-organismes des premiers maillons de la chaîne alimentaire, voire s’immisçant jusque dans les tissus cellulaires des organismes vivants.
D’où viennent ces déchets marins ?
Plusieurs estimations s’accordent sur le fait que la majorité des déchets en mer sont d’origine terrestre. Ces proportions varient toutefois selon de nombreux facteurs, tant sociaux et économiques qu’hydrodynamiques. En mer Méditerranée, les données disponibles semblent indiquer que la proportion des déchets anthropiques issus des activités terrestres est plus importante que dans l’océan Atlantique, probablement du fait d’activités de pêche et de conchyliculture plus réduites.
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