Colloque Déchets Amorce 2026 : des alarmes et quelques avancées
Pour son colloque annuel sur les déchets, l’association de collectivités locales Amorce a réuni environ 300 participants, dont une majorité de collectivités. L’occasion pour Amorce de partager son diagnostic sur plusieurs projets du gouvernement touchant à la gestion des déchets, en particulier ce que l’association nomme la « fausse consigne » pour recyclage des bouteilles en plastique. Le colloque s’est aussi intéressé à la valorisation énergétique des déchets.

« On est dans un moment de crispation », relevait Bernard Harambillet, directeur général adjoint du recycleur Paprec, lors de la première table ronde du colloque Amorce sur les déchets, le 9 juin dernier. Réunies à Paris, les collectivités locales adhérentes et les partenaires de l’association ont débattu de l’actualité réglementaire des déchets, en manifestant une inquiétude face au projet de consigne des bouteilles en plastique pour recyclage, qui vient d’être relancé par le gouvernement via le nouveau Plan Plastique et face à la refonte de deux filières de responsabilité élargie du producteur (REP) : celles des déchets textiles et des déchets du bâtiment. Le colloque a aussi mis en lumière une jeune entreprise innovante, Water Horizon, qui fabrique des batteries thermiques à partir de sel et d’eau, et s’est intéressée à ce « grand mal-aimé » de la gestion des déchets, selon Bernard Harambillet, qu’est leur valorisation énergétique, en particulier grâce à des combustibles solides de récupération (CSR).
Économie encore linéaire
Premier intervenant de la première table ronde, Raphaël Guastavi, directeur adjoint économie circulaire de l’Ademe, a dressé un panorama des flux de matières entrant dans l’Hexagone avec un focus sur les matières critiques. Le recyclage couvre seulement 1 à 10 % des métaux stratégiques, un taux qui varie selon les métaux. L’électrification des transports ? Il faut 2,5 fois plus de métaux pour un véhicule électrique que pour une voiture thermique, a-t-il rappelé. Son intervention souligne que l’économie française est encore loin d’être une économie dite circulaire. Et pourtant, le volet recyclage permettrait d’améliorer la souveraineté nationale, en substituant des matières premières « secondaires » à des matières importées. Cette souveraineté est dans toutes les bouches face à la situation géo – politique, mais elle n’est pas in – tégrée avec la circularité au sein des politiques publiques, constate Raphaël Guastavi.
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