DERU 2 : Lyon et Bordeaux souhaitent un calendrier adapté à la situation des territoires
Alors que la transposition dans le droit français de la nouvelle directive européenne sur les eaux résiduaires urbaines (DERU 2) aborde sa dernière ligne droite, deux grandes métropoles partagent leur vision sur cette transposition. Toutes deux aimeraient que pour le traitement de l’azote en particulier, le calendrier de déploiement décidé par l’État, via sa Direction de l’eau et de la biodiversité (DEB), prenne en compte les spécificités des milieux récepteurs. Elles soulignent l’importance de traiter les micropolluants urbains et d’appliquer le principe pollueur-payeur.
Les interviewé(e)s de ce troisième point de vue sur la DERU 21 sont :
À la Régie de l’Eau Bordeaux Métropole :
Françoise Goulard, directrice de la Recherche, de l’Innovation et de la Transition écologique.
À la direction du Cycle de l’eau du Grand Lyon :
Muriel Floriat, responsable Unité stratégie territoriale, Recherche, Animation transversale.
Thomas Leclere, responsable équipe Usines et Méthanisation à la Maîtrise d’ouvrage.

Revue TSM : Quel regard portent vos deux métropoles sur la DERU 2 ?
Françoise Goulard : La Régie de L’Eau Bordeaux Métropole voit cette directive comme une opportunité pour moderniser ses infrastructures, notamment sur la problématique des micropolluants, puisque nos stations d’épuration n’ont pas été conçues pour les traiter. Mais on perçoit aussi la DERU 2 avec une certaine inquiétude, en raison de ses impacts techniques et financiers et pour des questions d’aménagement du territoire. À Bordeaux, nous avons des contraintes foncières très fortes sur nos stations.
Muriel Floriat : À la Métropole de Lyon, nous sommes compétents sur l’ensemble du cycle de l’eau, donc nous sommes favorables à des ambitions fortes en termes de bon état des milieux aquatiques et de préservation de la qualité des ressources en eau. D’autant plus que nous savons que nous sommes dépendants des bonnes pratiques de nos voisins de l’amont et que nous avons nous-mêmes une responsabilité vis-à-vis de l’aval. Nous partageons les objectifs de la DERU 2, mais nous sommes aussi un peu inquiets sur certains aspects, notamment de planning et d’ordonnancement des mises à niveau.
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